(B2) Les Vingt-sept durcissent le ton vis-à-vis du régime Loukachenko. Le Conseil de l’UE introduit, lundi 15 décembre, un nouveau critère dans le régime de sanctions, établi en 2020 à la suite des “élections frauduleuses” du 8 août.
Une décision à rebours de la politique américaine, qui vient, elle, de lever des sanctions en échange de la libération de plus de 150 prisonniers politiques. Tout en justifiant cette décision US et en saluant la libération de ces prisonniers biélorusses obtenue ce week-end, la leader de l’opposition démocrate, Svetlana Tsikhanovskaïa, plaidait, dimanche 14 décembre, sur X, le maintien des sanctions européennes.
Réagir aux récentes incursions
« La décision d’aujourd’hui fait suite aux récentes incursions de ballons météorologiques dans l’espace aérien lituanien », précise le Conseil de l’UE dans son communiqué. Des incursions (de drones, de ballons, etc.) qui ont redoublé depuis cet automne et que le Conseil européen a condamné dans ses conclusions du 23 octobre (lire [Verbatim] Ce qu’il faut retenir du Conseil européen).
Un nouveau critère
Ce nouveau critère élargit le régime de sanction aux actions visant à déstabiliser les États membres. Et permet donc d’inscrire sur la liste noire de l’UE des personnes, entités et organismes « qui bénéficient d’actions ou de politiques imputables » à la Biélorussie, « y participent ou les facilitent, qui sapent ou menacent la démocratie, l’état de droit, la stabilité ou la sécurité dans l’UE et ses États membres ».
Pour contrer les ingérences multiformes
Ce nouveau critère permettra à l’UE d’imposer des mesures restrictives « contre ceux qui planifient, dirigent, soutiennent ou facilitent la manipulation et l’ingérence d’informations étrangères ».
L’UE sera également « en mesure de sanctionner les personnes et entités engagées dans des actions visant le fonctionnement des institutions démocratiques, des activités économiques ou des services d’intérêt public de l’UE et de ses États membres », ajoute le Conseil.
L’UE « pourra également cibler l’entrée non autorisée sur le territoire d’un État membre », autrement dit lutter contre le “trafic de migrants” orchestré par la Biélorussie.
Sont aussi comprises « les actions visant à perturber, endommager ou détruire des infrastructures critiques, ainsi que les actions généralisées ou systématiques entraînant la perturbation de ces infrastructures ».
Un régime déjà quatre fois étendu en cinq ans
Le régime de sanctions de l’UE à l’encontre de la Biélorussie s’est progressivement étendu depuis août 2020. À l’époque, il s’agissait de sanctionner l’usurpation des élections présidentielles et les violences visant les manifestants pacifiques comme les opposants politiques.
Il comprend également les personnes et entités impliquées dans l’atterrissage forcé et illégal du vol Ryanair à Minsk en mai 2021, dans l’instrumentalisation des migrants à la fin de 2021 et, depuis mars 2022, des personnes et entités impliquées dans la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine.
Ces mesures sont en vigueur jusqu’au 28 février 2026.
Plus de 300 personnes déjà inscrites
Le président biélorusse Alexandre Loukachenko est l’une des 310 personnes inscrites actuellement sur la liste noire de l’UE, auxquelles s’ajoutent 46 entités.
(ES)
Documents : communiqué du Conseil
Lire aussi : [Actualité] Biélorussie : 32 personnes ajoutées à la liste noire de l’UE (mars 2025)
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